Rock à Tergnier

Pourquoi Tergnier est-elle une ville si rock ?

D’abord à cause de la présence de la base de Couvron, à quelques kilomètres : les ricains rapportaient des disques de rock’n’roll et de blues et les faisaient découvrir aux jeunes mecs du coin. Ils étaient parfois musiciens. Autres facteurs favorisants :  la gare SNCF, carrefour ferroviaire, donc ville de passage… Enfin, le fait que Tergnier soit une ville authentiquement ouvrière, prolétaire et cheminote.

Nous, pour tomber les filles, on ne jouaient pas au tennis comme dans les villes de bourges : on jouait au football à l’Entente sportive des cheminots ternois (ESCT) ou on faisait du rock. La lutte des classes passait aussi par là.

Tergnier avant les Caves à musique ? Des groupes, de nombreux groupes depuis la fin des années 1950. Les Vizirs, puis dans le secteur de Tergnier-Chauny-Laon, les excellents Brothers McDaniels avec notamment Luc Bertin (chant, clavier), Slim Batteux (orgue, chœurs), Jean-Pierre Josse (basse) etc. Puis, au milieu des sixties, d’autres groupes comme les Candles (rhytm’n’blues) et le Super Up Sessions (rock-blues avec notamment le chanteur Patrick Pain, le Van Morrison axonais, et le guitariste Bernard Lematte). Puis au milieu des Seventies, mon groupe de blues-rock, Purin, puis Rockin’Sixteen (avec le regretté Dadack, mon grand copain, à la basse et au chant, et Jean-Marc Brazier à la batterie). Puis d’autres groupes et encore d’autres groupes.

Ensuite, il y a eu la création des Caves à musique que j’ai très peu connues et pas fréquentées ; j’étais déjà parti à Paris. Je sais que la municipalité de gauche de Jacques Desallangre a été le moteur de cette création, poussée par les rockers locaux (Dadack, Carlos, etc.). Mon copain Patrick Pain allait souvent y répéter. Les Caves, c’est un très bel outil qui résonne maintenant hors des frontières régionales.

Philippe Lacoche, le 16 janvier 2017